Voix et visages
Le 05/11/2015 à 09h36 par Frederique Joannic-Seta
Résumé

A l'occasion du 70e anniversaire de l'ADIR, et parallèlement à l'organisation du colloque Femmes en déportation, qui se tiendra à Nanterre les 9 et 10 décembre prochain, la BDIC a numérisé Voix et visages. L'occasion de revenir sur l'histoire de l'ADIR...

Créée en novembre 1945, l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) était une association féminine regroupant exclusivement des résistantes ayant été emprisonnées pendant la guerre ou déportées du fait de leur engagement. Pendant ses soixante années d’existence — elle a cessé ses activités en 2005 —, elle fut la seule association de femmes résistantes dans un monde de combattants essentiellement masculin.

 

 

 

Une première Amicale des prisonnières de la Résistance (APR) fut d’abord créée en octobre 1944 par des résistantes qui avaient été internées dans les prisons françaises (notamment à Fresnes et à la prison de la Santé). Elle avait pour double but d’offrir une aide matérielle et psychologique aux prisonnières récemment relâchées, et de préparer le retour de celles qui avaient été déportées. Dans le même temps, plusieurs résistantes déportées à Ravensbrück (principal camp d’internement de femmes) avaient envisagé de créer, à leur retour en France, une association qui leur permettrait de prolonger les liens noués dans les camps, d’apporter à toutes un soutien moral, médical et social et d’honorer la mémoire de leurs camarades disparues.

L’ADIR est finalement née de la conjonction de ces deux projets, peu de temps après le retour des déportées de Ravensbrück : son assemblée générale constitutive se tint en effet le 4 novembre 1945.Le but premier de cette association était l’entraide. La nécessité du « devoir de témoignage », individuel et collectif, s’est cependant très vite faite sentir (« Nous avons eu la chance de survivre, nous devons être des témoins »). Au fil des ans, au fur et à mesure de la disparition de ses adhérentes, cette mission est peu à peu devenue son objectif prioritaire ; en 2004, l’ADIR a ainsi appelé ses adhérentes à déposer — à des fins de conservation — « notes, récits, écrits ou enregistrés, correspondance, documents officiels ou clandestins, nos, vos "trésors", constitués et sauvés quelquefois au péril de nos vies » (extrait du numéro 291 de Voix et Visages , bulletin bimestriel de l’ADIR, novembre/décembre 2004).

 

Le titre du bulletin rappelle, comme l'évoque Maryka Delmas, «autant les voix des prisons qui sortaient des murs, des fontes des tuyaux, des grillages, que les visages de toutes celles qui se sont retrouvées dans la grande aventure, les visages émaciés de Ravensbrück» (Claire Davinroy, «Ce que sera le bulletin», Voix et Visages N° 1, juin 1946).

 

Feuilleter les bulletins de l'année 1946

 

Couvrant les soixante ans de l'activité de l'ADIR, de juin 1946 à décembre 2005, cette publication a tiré rapidement à 2000 exemplaires. Soucieuse de «préserver cette fraternité des camps», elle touchait ainsi en premier lieu les membres de l'association, faisant la liaison entre le siège national et les adhérentes isolées. Toutefois, au-delà de l'information sur la vie de l'association et de la commémoration des camarades disparues, Voix et Visages s'affirme également comme une tribune engagée , relayant les combats de l'ADIR, incitant les adhérentes à témoigner, notamment lors des procès de criminels de guerre, ou dénonçant la dictature et la torture dans l'Espagne de Franco ou la Grèce des colonels. Ces 295 bulletins, soit l'intégralité du titre, restent en tout cas une source incontournable pour l'histoire de la déportation.

 

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